ven.

31

mars

2017

Commémorer et célébrer les Matriarches du zen

Temples et dojos zen résonnent chaque jour du chant de L’eko des Patriarches, une liste de 54 maîtres qui ont transmis le zen de Shakyamuni Bouddha. Pourtant, de nombreuses femmes ont aussi été de grands maîtres zen et il serait bon que les sanghas leur marquent aussi leur reconnaissance. Dans Les Matriarches du zen, François Dosan Loiseau, disciple de Maître Deshimaru, fait le point sur la question et propose une liste de 54 femmes à réciter dans les temples zen.

On le sait, en Inde, le Bouddha a aussi été entouré de disciples femmes qui sont devenues des nonnes et des enseignantes et dont plusieurs ont joué un rôle important dans la transmission du Dharma. D’autres femmes ont ensuite contribué à cette transmission en Chine et au Japon. Tout comme les Patriarches, ces Matriarches ont donc été des relais essentiels du zen et c’est aussi grâce à elles que nous pratiquons aujourd’hui. Or si moines et nonnes marquent depuis des siècles leur reconnaissance aux Patriarches en récitant leurs noms, il n’en va pas de même pour les Matriarches.
 

Pas de misogynie

 

Ce n’est cependant pas une manifestation de misogynie dans le zen. Pour F. Loiseau, cette situation s’explique d’abord par le contexte de la société indienne à l’époque du Bouddha, qui ne permettait guère de mettre en avant les femmes, contexte qui a perduré et s’est reproduit dans plusieurs sociétés asiatiques. Mais Loiseau montre également qu’il est historiquement bien attesté que les femmes ont joué –et jouent– un rôle considérable dans l’histoire du bouddhisme et du zen, et que rien ne permet donc d’en faire des disciples de deuxième rang.
 

D’ailleurs, le Bouddha et plusieurs maîtres ont souligné que la distinction entre la pratique des hommes et des femmes n’est pas pertinente. Dôgen, par exemple, a des mots durs pour qui mépriserait les femmes : Il y a des hommes qui refusent de se prosterner devant des nonnes enseignantes qui ont reçu le Dharma, et qui sont les sœurs aînées, les tantes, etc., des hommes. Parce qu’ils ne savent rien et ne veulent rien apprendre, ils sont proches des animaux, et ô combien éloignés des Patriarches bouddhistes.

Cérémonie d’ordination de Seigyoku Takatsukasa / "The Mainichi Graphic, 13 April 1955", commons.wikimedia.org
Cérémonie d’ordination de Seigyoku Takatsukasa / "The Mainichi Graphic, 13 April 1955", commons.wikimedia.org

Récitation alternée

 

F. Loiseau a effectué une recherche approfondie autour de ces femmes qui ont transmis la Voie, consultant de nombreuses sources historiques et des études contemporaines (surtout anglophones), et il en donne une synthèse claire. Mais son livre dépasse le plan de la recherche pure, car Loiseau tire de son étude une liste de 54 Matriarches (présentées dans de brèves notices biographiques) que l’on peut voir comme des mères et des grands-mères qui nous ont guidés sur la Voie.  

 

Cette liste, il la verrait bien récitée régulièrement dans les temples et les dojos. Mieux : elle pourrait être fondue avec celle des Patriarches, en faisant alterner un Patriarches et une Matriarches. Mais pour séduisante qu’elle est, cette solution pose différents problèmes –ne serait-ce que la longueur, avec une liste de 108 noms). Dès lors, il propose une solution pragmatique, déjà retenue dans certaines sanghas nord-américaines : chanter en alternance l’eko des Matriarches et l’eko des Patriarches.

Toutefois, souligne-t-il, cette proposition n’est pas un nouvel épisode de l’utile combat féministe, voire anti-sexiste, ni un plaidoyer pour la parité. Dans le cadre de notre pratique du zen, il s’agit d’une contribution à la restauration de l’intégrité de la condition humaine dans la Sangha du Bouddha dans laquelle femmes et hommes avancent de concert et à égalité. 


dojo de sion-conthey / zanetsu

 

Les Matriarches du zen, 80 p. 12€ / En vente chez l’auteur  francoisloiseau@orange.fr
(Le produit de la vente est destiné à aider Lhouna, une jeune pratiquante zen devenue tétraplégique.)

 

On peut aussi consulter cet article rédigé par F. Loiseau sur ce sujet: http://www.abzen.eu/fr/enseignement/1660-chanter-les-matriarches-du-zen

dim.

05

mars

2017

On est foutu, on pense trop

Voici un petit livre plus riche que ne laisse l’entendre le bandeau sur la couverture : « Apprivoiser et calmer son mental : la méthode best-seller ». On a en effet un peu l’impression d’être devant un livre de développement personnel ou encore ce qu'en anglais on appelle en anglais un "self help book". Or ce type d’ouvrage est en général assez loin de la pratique du zen.

 

Pourtant, ce livre facile et agréable à lire de Serge Marquis peut apporter une très utile clarification à propos de la notion d’ego pour le pratiquant du zen. En effet, on entend souvent, dans le zen, qu’il faut laisser tomber l’ego. Mais il n’est pas facile de savoir comment comprendre cette injonction. Et puis, que peut vouloir dire de ne plus avoir d’ego?

 

DÉBUSQUER L'EGO

Marquis permet de s’approcher de la réponse. L’ego, c’est « Pensouillard », un hamster qui tourne sans répit dans sa petite roue. Et cette roue, c’est celle de l’ego, de nos pensées qui nous assaillent sans cesse pour nourrir et défendre le sens de notre identité : « Moi, moi, moi… » dit l’ego. Or ce moi a peur de tout ce qui le remet en question, fragilise l’image qu’il construit de lui-même. De plus, il est insatiable : il lui faut encore et toujours de nouvelles confirmations de son identité, ce qui l’entraîne dans la course sans fin du hamster dans sa roue.

 

NOTRE VÉRITABLE ORIGINE

Mais comme le montre bien Marquis, l’ego est une pure construction mentale, résultat de l’activité électrique de nos neurones. Quand, par exemple, nous disons à autrui « je suis comptable, patron.ne, chef.fe de rayon, professeur, infirmier.e… », nous cachons notre véritable être derrière ce statut qui est une pure construction mentale. Et les injonctions et commentaires de Pensouillard sont là pour conforter notre identité et ainsi nous séparer de ce qui est, le plus souvent au prix de souffrances et de conflits innombrables. Or c’est bien cela l’ego : cette construction artificielle qui masque notre véritable origine. L’origine que nous rejoignons lorsque nous sommes pleinement présents à ce qui survient, au réel : un rire, des pleurs, un souffle de vent, une odeur, la sensation du sol sous nos pieds… –sans commentaire, sans tapage mental, sans « pensouillure ». La simple présence à ce qui est

 

DÉCROISSANCE PERSONNELLE

Pour s’ouvrir à cette véritable présence, Marquis prône « la décroissance personnelle », « la fraction de seconde au cours de laquelle vous prenez conscience que votre esprit est entièrement habité par des mots ou des images contaminés par l’ego. C’est l’instant où l’attention surprend Pensouillard qui monte dans sa roue. ». Toutefois cette solution fort simple demande de l’entraînement : la méditation par laquelle nous entraînons notre esprit à débusquer Pensouillard et à ne pas le suivre.

 

On trouve alors dans l’esprit un espace vaste qui accueille ce qui est sans commentaire et qui se révèle un espace d’amour véritable. Tout cela ne signifie pas que l’on ne doive plus penser ! Car la pensée est nécessaire et utile pour notre vie quotidienne. Mais le cerveau doit apprendre à passer de l’activité mentale-ego (celle de Pensouillard) à l’activité mentale-conscience totalement détachée du jeu nombriliste du hamster. « Dans ce dernier cas, la conscience est alors libre d’accueillir ce que les sens perçoivent, libre d’aimer et d’offrir de la compassion, libre de goûter le beau et de créer l’utile à la vie. »

 

DES CONSEILS UTILES

Sur la base de ce constat, le livre de Marquis donne une série de conseils et propose des moyens qui se rapprochent de la pratique de zazen et qui seront profitables pour les novices, mais aussi pour des pratiquants avertis du zen, et qui pourront sans doute les aider dans leur pratique de la méditation, et dans la pratique dans la vie quotidienne.

 

Marquis, Serge. On est foutu, on pense trop. Seuil, coll. Seuil 2016, 150 p.

mer.

01

févr.

2017

Qu'est-ce que le zen

L'Association Zen Internationale (AZI) a publié une petite brochure explicative sur le bouddhisme zen et la médiation. Vous y trouverez les chapitres et les thèmes suivants :

  • Le secret du zen : zazen, la méditation
  • Pourquoi méditer ?
  • Comment /où commencer la méditation zen ?
  • Petits conseils pour aller plus loin
  • Faire une retraite spirituelle Faire une retraite spirituelle : le temple de la Gendronnière
  • Petite histoire du bouddhisme zen
  • Présence du zen en Europe : l’Association Zen Internationale
  • Les bienfaits de la méditation zen sur l’organisme
  • L’esprit du zen au quotidien
  • Méditation zen et psychologie
  • Conseils bibliographiques
  • Infos pratiques / Ressources

 

Qu'est-ce que le zen ?

bouddhsime zen et méditation

Publié par l'Association Zen Internationale / Association Zen de la Gendronnière

Temple zen de la Gendronnière

41120 Valaire

france

www.zen-azi.org

 

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